Quand le syndrome de l’imposteur s’invite chez le thérapeute

Le syndrome de l’imposteur est fréquemment rencontré chez les thérapeutes qui débutent mais aussi chez les thérapeutes plus aguerris.

Pourquoi tant de thérapeutes doutent de leur légitimité ?

Vous vous êtes déjà dit qu’un autre thérapeute aurait probablement mieux fait que vous dans cette situation clinique ? La confiance que vos patients vous accordent peut parfois créer un lourd sentiment d’illégitimité ?

Aujourd’hui, je voudrais vous raconter l’histoire de Paul.

Paul est psychologue. Il aime profondément son métier : il s’est beaucoup formé, lit, travaille, se remet constamment en question.

Et pourtant…

Chaque nouvelle prise en charge lui donne l’impression de repartir de zéro.

Le piège : croire qu’il nous manque encore une formation

Quand Paul démarre son activité, il possède déjà de solides bases en TCC.

Il connaît les protocoles, sait utiliser différents outils et obtient parfois de très bons résultats

Mais quelque chose ne va pas : il passe énormément de temps à préparer ses séances.

Il doute constamment de ses décisions. Il ne sait jamais vraiment s’il choisit le bon exercice.

Avant certains rendez-vous, il ressent même une forme d’angoisse.

Et lorsqu’un patient progresse…

Il se dit que c’est simplement parce que le problème n’était pas très compliqué.

À l’inverse, lorsqu’un patient stagne, il en conclut rapidement que c’est lui qui n’est pas assez compétent.

Le cercle vicieux est installé.

Plus il doute, plus il cherche à apprendre. Plus il apprend, plus il découvre tout ce qu’il ignore.

Et plus il se sent imposteur.

Pourquoi les thérapeutes développent-ils un syndrome de l’imposteur ?

En supervision, nous avons rapidement identifié les mécanismes de ce doute permanent. Paul voulait absolument choisir l’intervention parfaite.

Il interprétait chaque difficulté du patient comme une preuve de son manque de compétence et cherchait à être rassuré par ses connaissances plutôt que par une véritable compréhension clinique.

Et surtout…

Il n’avait pas une vision suffisamment claire des processus qui maintenaient les difficultés de ses patients.

Chaque séance ressemblait à une succession de décisions indépendantes.

Il avançait mais sans véritable fil conducteur

L’introduction des processus

Nous n’avons pas commencé par lui apprendre de nouvelles techniques.

Nous avons commencé par changer sa façon de penser les cas cliniques.

Grâce au diagramme de conceptualisation de la thérapie cognitive processuelle, Paul a progressivement appris à organiser les informations recueillies dès les premières séances.

Au lieu d’accumuler des hypothèses, il construisait une compréhension globale.

Au lieu de choisir un exercice parce qu’il « pourrait fonctionner », il savait pourquoi il le choisissait.

Et surtout…

Il savait ce qu’il cherchait à transformer chez son patient.

Cette différence paraît subtile mais en réalité, elle change complètement la manière de vivre ses consultations.

Ce que la Thérapie Cognitive Processuelle a changé

Petit à petit, Paul a cessé de préparer ses séances pendant des heures.

Il n’avait plus besoin de rechercher sans cesse un nouvel outil puisqu’il savait où il allait et pourquoi il y allait.

Et lorsque le patient amenait un sujet imprévu…

Il ne paniquait plus parce qu’il gardait sa boussole clinique.

La séance pouvait changer, le cap, lui, restait le même.

Quand on comprend les processus, le doute change de place

Bien sûr, Paul est devenu plus efficace.

Ses patients comprenaient davantage leur fonctionnement.

Les thérapies devenaient plus cohérentes.

Les objectifs étaient plus clairs.

Mais le changement le plus marquant concernait surtout son vécu.

Il ne se définissait plus par les résultats immédiats de chaque séance et ne remettait plus systématiquement ses compétences en question au moindre ralentissement.

Il avait enfin le sentiment de conduire réellement ses prises en charge et ce sentiment de légitimité ne venait plus des compliments des patients : il venait de sa compréhension du processus thérapeutique.

Ce qui fait diminuer le syndrome de l’imposteur

Avec le recul, Paul formule les choses très simplement.

« Je pensais que je manquais de compétences. En réalité, je manquais surtout d’une manière d’organiser ma pensée clinique. Une fois que j’ai compris les processus, je n’ai plus eu besoin de prouver que j’étais un bon thérapeute à chaque séance. »

C’est probablement l’un des plus grands paradoxes de notre métier.

Le syndrome de l’imposteur disparaît rarement parce que l’on accumule davantage de connaissances.

Il diminue lorsque l’on développe une manière claire, structurée et cohérente de comprendre ce qui se passe chez nos patients.

Car au fond, un thérapeute serein n’est pas celui qui connaît toutes les techniques mais c’est celui qui sait pourquoi il utilise celles qu’il choisit.

Et c’est précisément ce que cherche à apporter la thérapie cognitive processuelle : une façon de penser les prises en charge qui redonne au thérapeute un sentiment de direction, de cohérence… et progressivement véritablement quitter le syndrome de l’imposteur.

Pour aller plus loin, retrouvez toutes les études portant sur la thérapie cognitive processuelle.

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