
La TCP cible l’assouplissement des croyances centrales négatives dysfonctionnelles, c’est à dire les schémas cognitifs si on utilise le vocabulaire de Jeffrey Young.
Si on n’est pas formé à la thérapie des schémas, il est compliqué d’ aborder ces processus inconscients et il est donc difficile d’obtenir des résultats profonds et durables, quelles que soient les problématiques à traiter.
Pour répondre à ce besoin, certains d’entre nous se forment à la thérapie des schémas de Young, mais beaucoup ne se sentent pas à l’aise avec la mise en application concrète de cette méthode et finissent par l’abandonner ou très peu la pratiquer.
La question est donc de vous aider à vous approprier une technique opérationnelle ciblant ces schémas, qui soit rapidement comprise et utilisée. Grâce à la métaphore du procès, la TCP permet d’une part d’aider votre patient à assouplir ses croyances centrales négatives dysfonctionnelles rigides, mais aussi de faire émerger des croyances centrales positives et adaptées.
Les collègues formés à la TCP s’approprient la technique et valident son efficacité dans leur travail thérapeutique. Vous pouvez aller voir leurs témoignages.
Voici l’exemple de Laure, 35 ans, qui présentait un trouble de personnalité borderline.
Laure m’a été adressée par un psychiatre, car aucun traitement médicamenteux n’avait permis de la soulager des nombreux symptômes dont elle souffrait : impulsivité, sentiment de vide intérieur, angoisses d’abandon, dépression chronique, scarifications.
Avant la thérapie, la quasi-totalité de ses schémas étaient activés au-delà du seuil élevé ou très élevé (voir le graphique ci-dessous).
Grâce à la métaphore du « procès » utilisée couramment en TCP, nous avons travaillé les croyances centrales dysfonctionnelles suivantes :
- Je ne suis pas aimable (on ne peut pas m’aimer)
- Je suis intolérante
- Je suis inexistante
- Je suis incompétente
La puissance de la Thérapie Cognitive Processuelle réside dans sa capacité, en partant de la conceptualisation de cas, à opérer une transformation et une libération émotionnelle profonde chez le patient.
En activant la Croyance Centrale Négative (CCN), le thérapeute utilise l’exposition émotionnelle pour placer le patient au cœur du changement. La métaphore du procès permet de déconstruire cette croyance en révélant les distorsions cognitives sur lesquelles elle repose, la « vidant ainsi de sa substance » jusqu’à ce qu’elle perde tout crédit.
Cette déconstruction laisse place à l’émergence d’une Croyance Centrale Positive fonctionnelle. Comme pour Laure, cibler ce « chef d’orchestre » de sa souffrance déclenche un effet de généralisation : en apaisant la racine, c’est l’ensemble des scénarios de vie négatifs qui s’assouplit. Un cercle vertueux s’instaure alors, les stratégies de contrôle qui sont des facteurs de maintien du trouble diminuent pour disparaitre parfois complètement.
Afin de valider l’efficacité de la TCP sur la réduction des schémas dysfonctionnels précodes, j’utilise le questionnaire YSQ-L3 de Young à différents moments de la thérapie. Sur les 2 graphiques ci-dessous, après un an de TCP, on peut voir que tous les schémas très activés de Laure se sont assouplis de manière significative. Par ailleurs, ma patiente ne présentait plus de symptômes de dépression et son impulsivité avait nettement régressé.

