La découverte de la thérapie ACT a complètement changé ma pratique de psychologue

Remontons un peu le temps. Je me souviens de mes premiers pas en tant que psychologue, j’étais très motivée à l’idée d’aider mes patients. Je démarrais en parallèle ma formation en Thérapie Comportementale et Cognitive. 

Je débutais dans un service de psychiatrie parisien avec des patients tous très différents et parfois assez compliqués à prendre en charge…

J’apprenais des modèles, des protocoles mais je culpabilisais beaucoup de ne pas vraiment réussir à les appliquer… En effet, les patients arrivaient avec leur histoire, leurs émotions, leurs attentes. La séance prenait parfois un tout autre chemin que celui prévu.

Une de mes collègues s’était alors formée à l’ACT et m’avait dit à quel point cela avait bouleversé sa pratique. Je me disais au début : “Ah oui le truc des valeurs, y a-t-il vraiment besoin de s’y former?”. Mais j’y suis allée. 

L’ACT m’a d’abord permis de “mieux respirer”

L’ACT — thérapie d’acceptation et d’engagement, ou Acceptance and Commitment Therapy — fait partie des thérapies comportementales et cognitives dites de troisième vague.

Quand je l’ai découverte, je pensais surtout découvrir une nouvelle approche thérapeutique.

En réalité, j’ai découvert une véritable expérience. 

Une manière qui correspondait beaucoup mieux à la psychologue que j’étais et qui surtout répondait à une vraie difficulté : celle de ne pas toujours savoir rebondir sur ce que disait le patient et d’avoir du mal à relier les processus avec ce que nous étions en train d’aborder en début de séance. 

La matrice ACT : mon meilleur allié 

La découverte de la matrice a été un véritable tournant pour moi. Je pouvais bien sûr conceptualiser ce qui se passait pour mon patient, avoir une direction thérapeutique et utiliser des outils précis mais je pouvais aussi être beaucoup plus souple dans la manière d’y arriver. Et cerise sur le gâteau, je pouvais aborder toutes les ressources du patient. 

Et pour moi, ça a été un réel soulagement.

Je n’avais plus cette sensation de devoir absolument suivre un protocole mais que je  pouvais davantage partir de ce qui était là, de ce que la patient amenait, de ce qui se passait pour moi, et dans notre relation thérapeutique. Cette thérapie a donc largement modifié ma manière de conduire mes entretiens. 

De « quelle technique dois-je utiliser ? » à « qu’est-ce qui se passe ici et maintenant ? »

C’est probablement l’un des changements les plus importants dans ma pratique.

Avant, lorsqu’une séance devenait compliquée, mon cerveau cherchait rapidement une solution : une technique, un protocole, un exercice.  

Avec l’ACT, j’ai progressivement appris à me poser d’autres questions (et à les poser au patient). 

Qu’est-ce que cette personne essaie de ne surtout pas ressentir ?

Qu’est-ce que toutes ces stratégies lui permettent à court terme… et qu’est-ce qu’elles lui coûtent à long terme ?

Vers quoi aimerait-elle aller si toute son énergie n’était pas mobilisée pour lutter contre son expérience intérieure ?

Comment l’ACT a changé ma posture ? 

Parce que l’ACT a aussi changé quelque chose auquel je ne m’attendais pas vraiment :

ma posture de psychologue.

Quand on démarre en thérapie, on veut bien faire. On a l’impression de prendre toute la responsabilité de la séance. J’étais hyper stressée, nerveuse avant chaque séance, je les préparais pendant des heures, tout ça pour être encore plus perdue… 

L’ACT m’a permis de retrouver ce qu’on m’avait appris à l’école. Le psychologue est son propre outil. J’ai pu refaire confiance à ce que je ressentais et être beaucoup plus authentique avec mes émotions, sensations et pensées auprès de mes patients. 

ACT et relation thérapeutique : accepter de ne pas tout savoir

J’ai donc pu accepter de ne pas tout savoir. Quelque chose s’est détendu… Je n’avais plus besoin d’avoir toujours réponse à tout, ou un coup d’avance.

Je pouvais être là, écouter ce qui se passait, observer ce que la situation faisait émerger chez mon patient… et parfois chez moi.

Tout cela ne veut pas dire naviguer à vue, c’est avoir un cap mais sans savoir ce qui nous attend exactement à chaque virage. 

Que veut dire “Aller mieux” en psychothérapie ? 

Ce changement de paradigme est immense dans la thérapie ACT. Je passais tout mon temps à essayer de faire diminuer des symptômes mais aussi des émotions. J’aidais le patient à lutter de plus en plus parfois, sans m’en rendre compte. 

Finalement, j’ai appris à demander aujourd’hui : A quoi ressemblerait la vie que vous avez envie d’avoir ? 

Ce subtil recadrage change tellement de choses dans la thérapie. 

Ce que l’ACT a finalement changé dans ma pratique

Pour moi, l’ACT m’a permis de me reconnecter avec ma curiosité, ma créativité. Je me suis sentie nettement moins stressée lors de mes séances et j’ai pu reprendre beaucoup de plaisir dans ma pratique. 

Aujourd’hui, lorsque je forme des psychologues à l’ACT, c’est aussi cela que j’ai envie de transmettre.

Bien sûr, nous apprenons quelques modèles.

Nous travaillons la flexibilité psychologique, les valeurs, l’acceptation, la défusion, l’engagement dans l’action.

Mais derrière tous ces concepts, il y a quelque chose de beaucoup plus simple : retrouver de la sérénité et de la créativité dans sa pratique.

Être suffisamment solide dans son modèle pour pouvoir être réellement présent à la personne que l’on a devant soi.

Et accepter qu’une thérapie soit une rencontre entre deux êtres humains, pas l’application  d’un protocole.

C’est probablement ce que l’ACT a le plus changé pour moi.

Je n’ai pas arrêté de réfléchir en séance, j’ai juste commencé à réfléchir différemment.

Je n’ai pas jeté mes livres de TCC par la fenêtre non plus bien entendu, c’est une manière de penser qui m’aide beaucoup à comprendre l’ACT.

Mais ce qui a vraiment changé, c’est que désormais je me sens beaucoup plus tranquille dans mon fauteuil de psychologue.

Pour enrichir votre posture thérapeutique, nous avons conçu un programme spécifique à la découverte de la thérapie d’acceptation et d’engagement.

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